DELICATESSEN
SYNOPSIS
Dans une France post-apocalyptique, Louison, un ancien clown, est engagé comme concierge dans un hôtel. Le quartier est peuplé entre autres de « troglodistes », d'un boucher, d'un éleveur de grenouilles et de fabricants de boîte à meuh. Sur fond de guerre et de terrorisme, le voyageur va découvrir l'amour.
Delicatessen est un film français réalisé par Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet et sorti en 1991.
BANDE ANNONCE
https://youtu.be/k34hnNesDK0
DÉTAILS
17 avril 1991 en salle / 1h 37min / Comédie, Drame, Epouvante-horreur, Fantastique
De Jean-Pierre Jeunet, Marc Caro
Par Jean-Pierre Jeunet, Marc Caro
Avec Dominique Pinon, Karin Viard, Ticky Holgado
CRITIQUE
Film complet, Delicatessen ne se résume pas qu’à la beauté de ses images ni à l’ingéniosité de ses astuces. Elles se fondent, malgré l’apparente épouvante-horreur du synopsis, dans des scènes de poésie et de comédie. L’humour noir de certains dialogues, des répliques désabusées de Ticky Holgado aux froides joutes verbales des frères Kube, ne sont pas les seules sources de grincement pour le spectateur. Directement inspirés par Buster Keaton, Laurel & Hardy et consorts, Caro et Jeunet n’oublient pas de faire de leur long-métrage un cinéma de toutes les facettes.
Les séquences musicales marient montage visuel et sonore dans un travail d’orfèvre. La poésie n’a besoin que de peu de mots pour s’exprimer, préférant la précision des mouvements de ses personnages. L’amour de Jeunet pour les astuces et les mécaniques, bien ou mal huilées, se retranscrit avec bonheur dans des instants qui rappellent les émerveillements de l’enfance.
En bon mélange des genres, Delicatessen transforme au fil de son déroulement les facéties du besoin en rage meurtrière. Là encore, Caro et Jeunet n’oublient jamais leur fil directeur, et c’est avec bonheur que les gags d’ouverture se transforment peu à peu en pay-offs assassins. Alors que la faim, obsession continuelle et télévisuelle, révèle la vraie nature de chacun, l’immeuble s’effondre petit à petit sur lui-même à mesure que les pulsions le rongent. Jusqu’à un déluge quasi-Biblique, où les fous sont balayés par l’eau.
Le ciel s’ouvre enfin, les couleurs se font moins tranchantes, la musique n’est plus rythmée par le ressort d’un lit ou la poussière d’un tapis, mais par les bulles de savon des enfants. Difficilement comparable à d’autres oeuvres tant les deux metteurs en scène ont souhaité faire de leur premier film un objet à part, à la fois original et foncièrement attaché à leur vision du cinéma, Delicatessen est un morceau de choix qu’on dévore sans aucun remords.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire