vendredi 14 février 2020

UN MONDE PLUS GRAND
(Voyage initiatique dans l'intime)


SYNOPSIS

Partie en Mongolie chez des éleveurs de rennes pour enregistrer des chants traditionnels, Corine pensait pouvoir surmonter la mort de Paul, son grand amour. Mais sa rencontre avec la chamane Oyun bouleverse son voyage, elle lui annonce qu’elle a reçu un don rare et doit être formée aux traditions chamaniques. De retour en France, elle ne peut refuser ce qui s’impose désormais à elle : elle doit repartir pour commencer son initiation… et découvrir un monde plus grand. 




CRITIQUES

Cécile de France, passionnée par le sujet qui lui est offert, incarne avec justesse, tantôt fragile, tantôt forte, Corine Sombrun. Un Monde plus grand est une adaptation, certes romanesque mais fidèle, d’un ouvrage autobiographique de cette aventurière célèbre, Mon initiation chez les chamanes, publié en 2004. Corine Sombrun n’aura de cesse de vouloir démontrer ensuite que science et transe ne sont pas incompatibles. Son livre méritait, au vu de son travail, une réédition chez Pocket en septembre 2019. Signe révélateur de leur complicité, Corine Sombrun est, selon les mots tendres de Fabienne Berthaud, «l’esprit » du film. Un esprit bienveillant. Elle est une collaboratrice appréciée : elle a été conseillère technique sur les scènes de transe et a participé au scénario.

Ce quatrième long-métrage de la réalisatrice Fabienne Berthaud a pour premier rôle Cécile de France. Cette dernière va être aux prises avec un des aspects majeurs de la tradition mongole : le chamanisme. Elle va ainsi être invitée à une métamorphose spirituelle et elle ne sera plus du tout la même car, dépassant sa réticence initiale, elle acceptera son don précieux à développer.


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vendredi 7 février 2020

NARCOS
(Série inspirée d'une histoire vraie)


SYNOPSIS

Loin d’un simple biopic de Pablo Escobar, Narcos retrace la lutte acharnée des États-Unis et de la Colombie contre le cartel de la drogue de Medellín, l’organisation la plus lucrative et impitoyable de l’histoire criminelle moderne. En multipliant les points de vue — policier, politique, judiciaire et personnel — la série dépeint l’essor du trafic de cocaïne et le bras de fer sanglant engagé avec les narcotrafiquants qui contrôlent le marché avec violence et ingéniosité.




DÉTAILS

2015 - 2018 / 52min / Drame, Policier, Thriller, Biopic
De Carlo Bernard, Chris Brancato, Doug Miro
Avec Pedro Pascal, Damián Alcázar, Francisco Denis
Nationalité américaine


CRITIQUES

Netflix nous permet donc de découvrir le personnage de Pablo Escobar, un monstre fascinant qui s’est fait une renommée internationale à travers son trafic de cocaïne. Le personnage avait déjà été l’objet d’un film il y a quelques mois de cela intitulé Paradise Lost dans lequel c’était Benicio Del Toro qui incarnait le célèbre narco-trafiquant. Il faut dire que le personnage est fascinant et complexe. 

Le criminel le plus riche de l’histoire (il aurait eu une fortune de 30 milliards de dollars à sa mort) se dévoile donc dans cette série qui permettra certainement à Netflix de creuser un peu plus sa force de caractère. Le premier épisode nous retrace donc l’extension très rapide de la petite entreprise d’Escobar.

L’histoire est contée par un agent américain de la DEA, Steve Murphy parti à la traque d’El Patron. Sa voix nous raconte la manière dont un simple petit trafic s’est transformé en une machine à faire des billets verts par millions. 

Le réalisateur brésilien José Padilha nous offre un premier épisode esthétiquement très réussi. Il a d’ailleurs annoncé que la série se déroulera non seulement en Colombie mais également au Mexique, au Pérou ou encore aux Etats-Unis. [...] Un premier épisode finalement assez efficace tant par son contenu, que par son jeu et sa réalisation. On a tout de suite envie d'en savoir plus sur cette histoire invraisemblable à laquelle on a parfois du mal à croire. A mi-chemin entre le documentaire et la fiction, le film lève le voile sur un trafic juteux qui a permis à Escobar de devenir un criminel légendaire.



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vendredi 31 janvier 2020



SEX EDUCATION
(Humour)


SYNOPSIS

La rebelle Maeve entraîne Otis, un ado vierge mais doté d'une mère sexologue, dans la création d'une cellule de thérapie sexuelle clandestine au sein de leur lycée... 




DÉTAILS

Depuis 2019 / 50min / Comédie, Drame
De Laurie Nunn
Avec Asa Butterfield, Emma Mackey, Gillian Anderson
Nationalité britannique

CRITIQUES

“Les ados français cherchent des conseils auprès des Britanniques dans​ Sex Education”, titre The Times. L’article est signé par Adam Sage, le correspondant à Paris du vénérable quotidien. “Le sexe a toujours été le sujet sur lequel les Français pensaient n’avoir rien à apprendre des Anglo-Saxons”, assure-t-il. Mais la série britannique Sex Education serait, selon lui, venue balayer ces “stéréotypes séculaires”. En 2019, la première saison du programme a été la troisième série de Netflix la plus regardée par les Français, derrière La Casa de Papel et The Witcher. En France, la deuxième saison, lancée le 17 janvier, a été non seulement “applaudie par des sociologues et des psychiatres”, raconte-t-il, “mais aussi encensée par les critiques car, selon eux, la série aidera les adolescents qui pataugent au début de leur vie sexuelle”.

N’en déplaise à Adam Sage, nous pourrions renverser son argument, et considérer que si une série sur la sexualité des adolescents est plébiscitée par nous, les Français, c’est vraiment qu’elle est excellente. Après tout, les Britanniques ne sont pas plus que quiconque à l’abri du meilleur. The Guardian lui-même convient qu’il fallait un œil d’expert pour déceler le potentiel de Sex Education. Sur le papier, la série de Laurie Nunn semble on ne peut plus improbable. “À chaque fois qu’on essaie de la décrire, elle semble bien plus mauvaise qu’elle ne l’est en réalité : une série dramatique chorale, dans un lycée, qui s’attaque de front aux problèmes des ados, le tout dans un cadre intemporel situé entre 1970 et 2020”, détaille le quotidien anglais. “On est sincèrement surpris quand un personnage sort un ordinateur, les épisodes sont fréquemment ponctués de reprises chantées par des chorales et – je ne soulignerai jamais assez à quel point c’est bizarre, même si ça passe à la trappe – la série est une sorte de caricature britannique d’un lycée américain, avec des blousons arborant les blasons des équipes sportives, des profs amis avec leurs élèves, etc.”


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vendredi 24 janvier 2020

la série ARES 
(Netflix)


SYNOPSIS

Alors que son ami est victime d'un étrange accident, Rosa réalise que la société secrète qu'ils viennent d'intégrer est liée aux heures sombres de l'histoire hollandaise. Arès nous plonge dans les coulisses d'une société secrète mystique et dangereuse. 



DÉTAILS

Pour sa première production venue du Pays-Bas pour Netflix. Au casting, les noms les plus connus sont Robin Boissevain, Tobias Kersloot, Jade Olieberg et Lisa Smit.


CRITIQUES

Dans les huit, et courts, épisodes de sa saison 1, «Ares» nous plonge dans une société secrète composée de l’élite d’Amsterdam. Dans ses rangs se réunissent fils et filles d’industriels, médecins et autres; le pedigree familial comme passe-muraille. Interprétés par les excellents Jade Olieberg et Tobias Kersloot, les deux figures Jacob et Rosa nous emmènent à la rencontre de cette fraternité démoniaque rongée par un lourd secret lié à l’histoire de la Hollande. Et alors que la série s’ouvre sur l’intégration des “novices”, comme ils-disent, «Ares» croise le fer avec «Eyes Wide Shut» et le siècle d'or néerlandais.

Malgré un démarrage quelque peu timide et une mise en place allongée, «Ares» surprend par son inspiration visuelle et ses envolées scénaristiques. Alors que les nouvelles fréquentations de Jacob intriguent la jeune Rosa, l’étudiante en médecine décide de suivre son ami, et la voilà accueillie par une certaine Carmen (Lisa Smit), grande matriarche d’Ares. Et c’est dans les allées du Rijksmuseum, face au «Cigne Menacé» du grand pensionnaire Jan Asselyn, et alors que les membres d’Ares cherchent leurs ancêtres sur la fresque «La Ronde de nuit» de Rembrandt, que l’histoire nous est contée. Rosa est pleine d’ambition et les louanges sont prometteuses...


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jeudi 16 janvier 2020





SYNOPSIS

 Lorsque l'agent de la CIA Eva Geller découvre des informations sur un homme qui attire l'attention internationale suite à des actes troublant l’ordre public, elle ouvre une enquête sur ses origines. Alors que de nouveaux adeptes témoignant de ses miracles continuent de rejoindre ses rangs, les médias du monde entier commencent à se laisser séduire par cette figure charismatique. Eva Geller doit vite dénouer le mystère : est-il vraiment un être divin ou un simple escroc capable d’ébranler l'ordre mondial ? 





DÉTAILS

Depuis 2020 / 45min / Drame
De Michael Petroni
Avec Mehdi Dehbi, Michelle Monaghan, Tomer Sisley
Nationalité U.S.A.


CRITIQUES

Si cette série traîne parfois en longueur et se targue de certains clichés, elle a le mérite de soulever quelques questions intéressantes. Au-delà de la polémique suscitée à sa sortie, la première saison de Messiah nous présente un miroir de nos propres croyances et de notre rapport la réalité. Accepte-t-on de croire que cet homme fait de chair est une représentation d’un nouveau messie ou penche-t-on directement vers le rationnel en le traitant d’imposteur ? La petite frustration de la fin de la saison vient peut-être du faut qu’aucune réponse claire n’est donnée.

On retient les excellentes prestations de Michelle Monaghan et de Tomer Sisley, tous deux bien dans leur personnage malgré quelques représentations vues et revues dans plusieurs films. En plus de se définir eux-même comme « fucked up » par leur travail, ils partagent un peu trop de traits de caractère et de clichés pour que leur relation apporte vraiment un intérêt à l’intrigue.

En tout cas, le twist final laisse à suggérer que Messiah aura droit à sa saison 2 sur Netflix, ce qui n’a pas été confirmé pour l’instant.


vendredi 20 décembre 2019

THE PARTY
Un jeu de massacre verbal concis et jubilatoire servi par un casting en or massif.


SYNOPSIS

Janet vient d'être nommée ministre de la santé (d'un cabinet fantôme, au sein d'un parti « corrompu »), l'aboutissement de toute une carrière. Elle réunit avec son époux Bill quelques amis proches pour fêter cette nouvelle. Parmi eux : la meilleure amie de Janet accompagnée de son conjoint, qui est « coach de vie » ; deux lesbiennes dont l'une attend des triplés, à la suite d'une FIV et l'autre est une universitaire spécialiste des études de genre ; ou bien encore un assez jeune banquier, sous cocaïne, dépressif et porteur d'un revolver. Très vite, la fête dégénère… 



DÉTAILS

    Titre original et français : The Party
    Réalisation et scénario : Sally Potter
    Direction artistique : Carlos Conti
    Décors : Alice Felton ; Rebecca Alleway (superviseur)
    Costumes : Jane Petrie
    Photographie : Aleksei Rodionov
    Montage : Emilie Orsini et Anders Refn
    Casting : Irene Lamb et Heidi Levitt
    Sociétés de production : Adventure Pictures et Oxwich Media
    Sociétés de distribution : Weltkino Filmverleih (Allemagne) ; Eurozoom (France) ; ? (Royaume-Uni)
    Pays d'origine : Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
    Langue originale : anglais
    Format : Noir et blanc - 35 mm - 2,35:1 - son Dolby Digital
    Genre : comédie
    Durée : 71 minutes (1 h 11)

CRITIQUE

Sally Potter nous convie à sa party qui est, sans qu’elle ne le cache, un parfait exercice de style se rapprochant sur la forme fortement d’une pièce de théâtre filmée. C’est d’ailleurs peut-être la limite principale du film. On assiste à une soirée qui tourne mal, moment propice à toutes les débordements qu’ils soient dramatiques et humoristiques. C’est un moment très souvent utilisé au cinéma durant partie ou toute la durée de l’œuvre pour servir de catharsis ou qui intervient comme une cerise sur le gâteau. Tant mieux car ici ce n’est que cela ! On est donc en terrain connu et conquis, mais la réalisatrice apporte sa petite touche british et un sens du rythme parfaitement rôdé à son histoire. En effet, « The Party » ne dure pas plus d’une heure et huit minutes, montre en main et générique inclus. Il n’y avait pas besoin de plus ; et si la fin est peut-être trop brutale laissant l’impression que la cinéaste ne savait pas comment conclure on ne s’ennuie pas une seule seconde et on se délecte des joutes verbales entre les différents protagonistes.

Les sept personnages sont bien croqués et leurs différences de caractères et d’opinions politiques, sociales ou personnelles font tout le sel du film. Cela permet des échanges tantôt houleux, tantôt passionnants, tantôt drôles, constamment confits dans un second degré jouissif. Et le casting en or massif chargé de donner vie à cette petite troupe est parfaitement réjouissant. Ils se renvoient la balle avec un plaisir communicatif grâce à des dialogues ciselés qui se boivent comme du petit lait. Après les présentations dont on se délecte, chaque personnage étant gentiment corsé sans tomber dans l’excès, on attend le moment de bascule, celui où tout explose. S’il n’est peut-être pas aussi fou que ce qu’on pouvait imaginer, on prend tout de même un sacré plaisir à les voir s’invectiver poliment.

Si le noir et blanc nous apparait comme un gadget pas forcément indispensable, il offre à « The Party » un petit charme intemporel non préjudiciable. Et ce jeu de massacre donne l’air de rien des leçons sur la bonne morale et certains comportements hypocrites et cyniques de nos élites. Chaque personnage représente un courant de pensée ou un versant de nos sociétés (la finance, le pouvoir, le corps enseignant, le philosophe, …) qui en prend un peu pour son grade et que l’on met face à ses responsabilités. On aurait aimé que cela soit un peu plus poussé mais le timing ne le permet pas. Et, au final, cette satire est concise comme il faut et on y prend un sacré plaisir. Du cinéma d’apparence léger comme une bulle de champagne mais bien moins inoffensif qu’il n’y parait.


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vendredi 13 décembre 2019

MILLENIUM
UNE TRILOGIE POLICIÈRE SCANDINAVE



Millénium est à l'origine une trilogie de romans policiers de l'écrivain suédois Stieg Larsson, publiée en Suède de juillet 2005 à mai 2007 après sa mort d'une crise cardiaque à l'âge de 50 ans. Cette saga — titrée Millennium, dans les éditions en suédois et dans diverses autres langues (allemand, anglais, espagnol, etc.) — a obtenu un succès mondial : plus de vingt-six millions d'exemplaires vendus jusqu'en juillet 2010. Fin janvier 2011, le total des ventes s'élevait à cinquante millions d'exemplaires.

La trilogie originale se compose de : Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes, La Fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette et La Reine dans le palais des courants d'air.

Elle reçoit, en 2015, sous la plume de David Lagercrantz, une suite titrée Ce qui ne me tue pas. L'auteur annonce en octobre 2015 qu'il écrira deux autres romans de la série Millénium dont les publications sont déjà prévues en 2017 et en 2019. En septembre 2017 paraît La Fille qui rendait coup pour coup, cinquième volume de la série. En août 2019 paraît La Fille qui devait mourir, sixième volume de la série. 


Millénium, Tome 1 : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes

Ancien rédacteur de Millénium, revue d'investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d'une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu'un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée. placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documnts cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier. Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l'écorchée vive vont résoudre l'affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu'il faudrait peut-être taire. A la fin de ce volume, le lecteur se doute qu'il rencontrera à nouveau les personnages et la revue Millenium. Des fils ont été noués, des portes ouvertes. Impatient, haletant, on retrouvera Mikael et sa hargne sous une allure débonnaire, et Lisbeth avec les zones d'ombre qui l'entourent, dans -


Millénium 2 
La fille qui rêvait d'un bidon d'essence 
et d'une allumette 

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millenium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est. Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper clé peu à une agression manifestement très planifiée.
Enquêter sur clés sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à clé jeunes journalistes amoureux de la vie. Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millenium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ?
S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millenium un thriller au rythme affolant.

Millénium 3 
La Reine dans le palais des courants d'air

Le lecteur du deuxième tome l'espérait, son rêve est exaucé : au début du troisième, Lisbeth n'est pas morte. Ce n'est cependant pas une raison pour crier victoire. Soyons réalistes : très mal en point, Lisbeth va rester coincée des semaines dans une chambre d'hôpital, dans l'incapacité physique de bouger et d'agir. Coincée, elle l'est d'autant plus que pèsent sur elles diverses accusations qui la font isoler par la police. Un ennui de taille : Zalachenko, c'est-à-dire son père qui la hait et qu'elle a frappé à coups de hache, se trouve dans le même hôpital, un peu en meilleur état qu'elle... Et, soyons réalistes encore : il n'y a aucune raison pour que les activités souterraines de quelques renégats de la Sûreté ne continuent pas et que, pour rester cachés, ces gens de l'ombre n'aient pas intérêt à éliminer ceux qui les gênent ou qui en savent trop. Côté forces du bien, on peut compter sur Mikael Blomkvist, qui d'une part aime beaucoup Lisbeth mais ne peut pas la rencontrer, et d'autre part commence à concocter un sacré scoop sur les secrets d'Etat qui pourrait par la même occasion blanchir à jamais Lisbeth et l'autoriser à vivre en paix avec elle-même. Mikael peut certainement compter sur l'aide d'Armanskij, reste à savoir s'il peut encore faire confiance à Erika Berger, passée maintenant rédac chef chez la grosse concurrence...




MILLENIUM LE FILM 
(Les hommes qui n'aimaient pas les femmes)
Synopsis et détails - Interdit aux moins de 12 ans

Mikael Blomkvist est journaliste économique dans le magazine Millenium. Condamné pour diffamation, il décide de prendre de la distance avec sa vie et son métier. Mais Henrik Vanger, grande figure de l'industrie suédoise, fait appel à lui afin d'enquêter sur une disparition non élucidée, celui d'Harriet Vanger, nièce du grand homme et disparue à l'âge de seize ans. Au cours de ses recherches, Blomkvist se rend compte que La famille Vanger semble cacher bien des haines et des secrets. Dans le cadre de son enquête, le journaliste est amené à rencontrer Lisbeth Salander. La jeune femme de vingt-quatre ans possède un don exceptionnel, celui de découvrir des informations introuvables. Tous deux vont être amenés à se croiser dans une enquête qui va révéler beaucoup plus que ce que chacun aurait pu imaginer... 





DÉTAILS DU FILM

Réalisateur : Niels Arden Oplev
Acteurs : Michael Nyqvist, Noomi Rapace, Sven-Bertil Taube
Titre original : Män som hatar kvinnor
Genre : Thriller
Nationalité : Suédois, Danois
Date de sortie : 13 mai 2009
Durée : 2h30mn


CRITIQUE CINÉMATOGRAPHIQUE 

Mystérieuse disparition, haines familiales, viols et meurtres accompagnés de torture : ce n’est pas la noirceur qui manque à Millénium. Le film reprend là les grands traits sombres du best-seller de Stieg Larsson, oscillant constamment entre horreur et simple angoisse, pour maintenir son public dans les fils d’une trame aux ressorts passablement compliqués. Plutôt fidèle au roman, hormis sur quelques points de détail, l’adaptation cinématographique semble pourtant perdre ce qui en faisait la saveur particulière. Obnubilé par la nécessité de caser en un peu plus de deux heures toutes les étapes narratives décisives d’une enquête de 550 pages, Millénium restitue certes avec succès le jeu de Cluedo de ses héros au sein de la ténébreuse famille Vanger, mais manque du même coup les nuances de l’écriture de Larsson. Si le cinéaste a conservé quelques traits d’humour, la dimension sociale et politique explicitement exprimée par le romancier - qui était lui-même fortement impliqué dans des activités de vigilance face au racisme, au fascisme et au sexisme - est quasiment absente. Tandis que la version papier suscitait un malaise par l’irruption, en début de chapitre, de statistiques froides et morbides (“En Suède, 13% des femmes ont été victimes de violences sexuelles aggravées en dehors d’une relation sexuelle”), le film semble considérer cet aspect comme superflu, sorte de cerise militante sur le gâteau policier, dont on obtient un aperçu au travers de quelques scènes difficiles, mais aussi lourdement démonstratives.

Millénium s’apprécie ainsi différemment, selon ses publics. Pour ceux qui n’ont pas encore pénétré l’univers nordique et macabre de Larsson, le film se présente comme un assez bon thriller classique, mené sans trop de surprise, mais avec cohérence et ténacité, vers son dénouement final. Seul le dernier quart d’heure, une fois l’enquête principale aboutie, prend des airs de grande braderie aux résolutions des intrigues secondaires, et fait ressortir au bout de plus de deux heures de film un essoufflement inévitable. En revanche, pour les lecteurs de la saga Millénium, le film, en se dépouillant des liens extraordinairement complexes tissés par le romancier entre ses personnages (les rôles secondaires, notamment féminins, sont pratiquement oblitérés au profit de la relation certes centrale entre Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander), n’offre que la matérialisation sans audace sur l’écran de ce que l’on pouvait imaginer sur le papier. On regrette la simplification psychologique, mais aussi l’effacement de toute idée un peu novatrice de mise en scène (pour ne pas masquer l’histoire ?), à l’exception d’une poignée de beaux effets - les photographies d’Harriet, les extérieurs de nuit... -. Millénium rejoint malheureusement la galerie des adaptations de succès phénoménaux contraintes de se retrouver sur la sellette : oser s’écarter de la vision personnelle du lecteur - au risque de trahir le livre et de décevoir les fans -, ou tenter à gros traits une décalcomanie pimentée de rares trouvailles cinématographiques. Millénium a fait son choix.


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